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Israël multiplie les exercices de préparation à la guerre chimique

Serge Dumont

11 janvier 2010


L’Etat hébreu prépare la population à un scénario catastrophe, rappelle des réservistes, distribue des masques à gaz. Les menaces? Avant tout l’Iran et le Hezbollah

«Mille morts à Tel-Aviv. Comment réagir?» Tel est le thème de l’exercice de défense passive qui se déroulera cette semaine, et en temps réel, dans les rues de la métropole israélienne. Selon ce scénario catastrophe élaboré par l’état-major de Tsahal, des missiles portant des têtes chimiques et bactériologiques se sont abattus sur la «ville qui ne dort jamais». Les pertes civiles sont énormes. Les services susceptibles d’aider la population affolée sont désorganisés. L’armée prend donc le relais.

Depuis quelques mois, des exercices semblables se déroulent quotidiennement dans toutes les parties de l’Etat hébreu. Certains sont spectaculaires, comme celui qui avait, le 31 mai 2009, paralysé la vie et la population israélienne en l’obligeant de se terrer dans les abris. Mais d’autres sont plus discrets, tels ces exercices d’évacuation d’hôpitaux menés quotidiennement, ainsi que ces entraînements à la décontamination des gares d’autobus et d’autres endroits publics.

En gros, la population participe volontiers à ces exercices. Mais beaucoup se posent des questions: «Que nous prépare-t-on? A quand la prochaine guerre et ­contre qui?» pouvait-on entendre jeudi lorsque toutes les sirènes du nord d’Israël (Galilée, frontière libanaise) ont retenti «pour vérification».

L’inquiétude de la population est d’autant plus grande que ces grandes manœuvres s’accompagnent d’autres mesures, plus discrètes celles-là. Le fréquent rappel de réservistes spécialisés dans les radars et dans la destruction de missiles ennemis, par exemple, mais également la multiplication des exercices pour la troupe.

A en croire le porte-parole de Tsahal, ces entraînements se déroulent désormais chaque jour de la semaine – y compris durant le repos sacré du shabbat lorsque c’est nécessaire – et à toute heure du jour ou de la nuit. Avec un matériel renouvelé.

Pour ajouter à l’anxiété ambiante, le gouvernement israélien a décidé le 5 janvier de procéder à la distribution de huit millions de masques à gaz et de kits de protection chimique et bactériologique. L’opération débutera en mars à Kyriat Ono (grande banlieue de Tel-Aviv) et se terminera en 2013.

Quant au vice-ministre de la Défense Matan Vilnaï et au comité ministériel spécial de la protection civile, ils viennent d’ordonner l’installation d’un filtre à air spécial protégeant des attaques chimiques et bactériologiques dans tous les abris publics ou privés. Coût de chaque unité? De 2250 à 3750 francs selon la grandeur de la surface à protéger. «Pourquoi cette avalanche de décisions quelques semaines à peine après que des manœuvres militaires ont eu lieu avec l’armée américaine?» a demandé le spécialiste Yoav Limor. Il n’a jamais obtenu de réponse.

«Jusqu’à ces derniers mois, Tsahal portait la guerre en territoire ennemi. Le territoire israélien n’était pas touché et la population civile ne souffrait pas», explique le chroniqueur militaire Allon Ben David. «Mais le conflit libanais de juillet 2006 et l’opération «Plomb durci» dans la bande de Gaza démontrent que cette période est révolue. Désormais, les missiles du Hezbollah et, dans une moindre mesure, les roquettes du Hamas peuvent atteindre le cœur de notre pays. Quant aux fusées iraniennes, Téhéran ne cache pas qu’elles sont pointées sur nos villes. C’est à cela que nous nous préparons car le calme relatif dont nous bénéficions depuis quelques mois ne durera pas éternellement.»

Commentant le renforcement de la défense passive, Matan Vilnaï a évoqué mardi dernier un hypothétique «risque d’attaques chimiques iraniennes et syriennes». En effet, selon son entourage, le régime de Téhéran «est aux abois, donc prêt à une aventure militaire». Quant aux Syriens, ils pourraient, à terme, «vouloir récupérer le plateau du Golan par la force» si des négociations de paix n’aboutissent pas.

Tous les sondages publiés depuis novembre 2009 confirment en tout cas que les Israéliens estiment que la prochaine guerre «n’est plus qu’une question de temps». Pour eux, c’est avec l’Iran et le Hezbollah que les risques de déflagration sont les plus sérieux. Mais le Hamas n’est pas oublié puisqu’une enquête d’opinion publiée dimanche confirme que 51% des ressortissants de l’Etat hébreu estiment que «le moment est venu» de reconquérir Gaza.

 

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