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Présentation :

Premier Repaire de Là-Bas Si J'y Suis de Haute-Savoie, créé en 2007 !

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Sur la route de Gümüslük

Radio suisse romande - Sonia Zoran du 1er juillet au 23 août, lundi - vendredi / 9h30 - 10h
http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/4996106-sur-la-route-de-gumusluk-du-01-07-2013.html

 

1er juillet : Partir, en bas à gauche, comme dit ma mère…

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/4996106-sur-la-route-de-gumusluk-du-01-07-2013.html

Prendre la route de Gümüşluk, c’est partir vers le sud-est aux bords de l’Europe. Juste dedans, puisque la Croatie fête son entrée dans la communauté aujourd’hui. Ou juste dehors, chez les Monténégrins, Albanais, Macédoniens et Turcs, jugés trop différents encore. Mais d’abord il faut partir… Avant les histoires d’ours et de ponts de pierre, avant de vous raconter les îles les rives, les gens et les frontières en cortège comme dans une tresse d’ail, avant de découvrir les poètes turcs et le désir d’Orient à Trieste, je vous propose de commencer par le commencement.

 

2 juillet : Avec Paolo Rumiz à Trieste, chez les Slaves et les ours…

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/4996458-sur-la-route-de-gumusluk-du-02-07-2013.html

Pour Paolo Rumiz, Trieste est une balustrade vers d’autres horizons. Né dans une ville frontière, cet écrivain voyageur est un nomade. Sédentaire l’hiver, mais prêt à prendre la route dès le printemps, pour raconter d’autres histoires, encore… Et se découvrir en chemin. Je lui ai d’abord demandé de raconter Trieste, assise au pied des collines du karst pour regarder la mer. Trieste qui sent le café torréfié à la sortie de la ville, du côté de Muggia. Trieste en mouvement, comme tous les ports, comme toutes les villes de vent. Trieste, belle autrichienne devenue italienne entourée de slaves. Un endroit plein d’histoires plurielles. Et quand une ville est comme ça, quand elle a inspiré des dizaines d’écrivains, dont Joyce, Rilke, Italo Svevo et Claudio Magris… Je me dis qu’il faudra un jour prendre le temps. Et c’est aujourd’hui. Bienvenue chez Paolo Rumiz, qui raconte chaque année un nouveau périple dans le journal "La Reppublica" avant d’en tirer de superbes récits de voyage aux frontières de l’Europe ou dans l’ombre d’Hannibal. Bienvenue à Trieste, pour partir à la rencontre des Slaves et des ours.

A lire :

Paolo Rumiz, aux éditions Hoebeke 

-"L’Ombre d’Hannibal", Un voyage aux racines de nos origines et à la découverte d’un mythe

-"Aux frontières de l’Europe", un voyage de 7000 kilomètres, de l’Océan Arctique à la mer Noire par tous les moyens populaires de déplacement

Les polars de Veit Heinichen, aux éditions du Seuil. Un amoureux de Trieste

 

3 juillet : A Ljubljana, avec Renata Salecl

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/4998701-sur-la-route-de-gumusluk-du-03-07-2013.html

Dans la capitale slovène, il y a des dizaines de ponts, des façades baroques couleur pastel et des poubelles multiples pour trier les ordures. Mais dans ce pays vit aussi, parmi les grands intellectuels, Renata Salecl. Elle nous raconte son livre "La tyrannie du choix", dans une ancienne prison militaire reconvertie en superbe et étrange auberge de jeunesse. On dit que la Slovénie est la petite Suisse des Balkans. C’est un peu vrai et complètement faux. La Slovénie est européenne au point de n’avoir plus aucune douane digne de ce nom. Schengen oblige. On y rejoint donc facilement Renata Salecl. Son essai "La tyrannie du choix" est déjà traduit en dix langues et suscite le débat à Paris comme en Chine. Elle y analyse ce qu’est le choix. Elevé au rang d’idéologie, il nous incite à nous croire libres mais aussi responsables de tous nos actes… même si on n’a pas forcément choisi. Outre l’écriture, Renata Salecl est philosophe, sociologue, elle enseigne la psychologie du droit et les neuroscience entre Ljubljana et New-York. Bref, elle a fait des choix multiples ! Bienvenue chez les Slovènes, aussi organisés que les Suisses, mais qui pensent souvent autrement.

A lire : "La tyrannie du choix", Renata Salecl, Editions Albin Michel

http://www.albin-michel.fr/La-Tyrannie-du-choix-EAN=9782226243843

 

4 juillet : A Piran, chez Monsieur le Maire

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5001391-sur-la-route-de-gumusluk-du-04-07-2013.html

La Slovénie a un petit bout de côte Adriatique. Avec, au milieu, Piran. Cité vénitienne qui ressemble à une carte postale idéale, et qui a choisi un maire slovène et ghanéen. Bienvenue chez Peter Bossman, que les enfants saluent avec un "Ciao Petar!". Piran est une ville touristique et ouverte au monde, dont le nom a surgi dans les journaux jusqu’en Russie, quand Peter Bossman a été élu: premier Africain placé dans un exécutif chez les Slaves. Mais pour aller voir celui qu’on surnomme, de loin, l’Obama slovène, il faut d’abord prendre le bus jusqu’à Piran. Posée sur une pointe de terre dans la mer, derrière une colline, cette ville est fermée au trafic automobile. Parkings payants mais bus gratuits pour arriver à la mairie. Et là, on rencontre Peter Bossman. Venu étudier en ex-Yougoslavie, comme beaucoup de boursiers à l’époque des non-alignés, il est devenu médecin et citoyen slovène. Un Slovène qui parle merveilleusement le français et raconte si bien son coin.

 

5 juillet : Pag, île lunaire au goût de caramel

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5006167-sur-la-route-de-gumusluk-du-05-07-2013.html

Dans le golfe du Kvarner, au nord de la Croatie, l’Adriatique est un miroir dans lequel plongent des îles nues. Côté vent et vagues salées, elles sont brûlées. Sur cette île de pierres, Ivica Oliveric m’attend dans son restaurant. La Croatie vient d’entrer officiellement dans l’Union européenne. Et sur Pag, des soirées techno géantes rythment les soirées des touristes bronzés. Mais aujourd’hui, je vous propose de découvrir la Croatie autrement. Parce que Pag est autre. Bienvenue chez Ivica Oliveric qui tient le restaurant Figurica, à Kolan, sur le sommet de l’île. Il est l’un des rares producteurs professionnels, qui produit 70% de tout ce qu’il vend. Et il voulait tout expliquer en même temps le moustachu: du grand chariot sur lequel sèchent les pains destinés aux cochons, à l’armoire métallique pour sécher les viandes... Du bar en bois massif qui fait une courbe creuse de son côté pour qu’il puisse s’y appuyer avec le ventre, à la cloche du bélier gagnant du concours de bétail l’an passé... Ivica, il a un turbo incorporé.

Dans son sol aride et salé, les brebis y produisent un lait étonnant. Le fromage a un goût de noisette, de sel, de fleurs et… de caramel. Il est dur, sec, plus compact et doux qu’un pecorino. Il est aussi vendu en meules dorées par des femmes, en noir, au bord des routes.

 

8 juillet : Îles et mer avec Vladimir Skračić

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5007612-sur-la-route-de-gumusluk-du-08-07-2013.html

Quand, de mon lit, je peux voir voler un goéland, tout va bien. Mais c’est un pin que Vladimir Skračić observe, lui, depuis son lit, dans son îlot des Kornati. Pour savoir comment s’est réveillé le vent. Vladimir Skračić a enseigné le français toute sa vie à l’Université de Zadar. Mais il a surtout consacré sa vie aux îles, plus particulièrement à la recherche sur les noms de lieux, de petits lieux, sur les petites îles. Et plus particulièrement les Kornati, les plus folles des 1'244 (ou moins, ou plus…) îles, îlots, et récifs de Croatie.

A lire:

"Microcosmes", Claudio Magris, aux éditions Gallimard.

"Bréviaire méditerranéen", Predrag Matvejevic, aux éditions Fayard. Une lecture indispensable pour tout le voyage.

 

9 juillet : Face au large, écouter les orgues de mer

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5009612-sur-la-route-de-gumusluk-du-09-07-2013.html

Nikola Bašić est architecte. Mais un grand, autrement. Pour ancrer la ville de Zadar et la sublimer, il lui a offert un soleil qui s’allume quand l’autre se couche. Et des orgues, qui jouent eux aussi avec l’horizon et la mer. Et pour me les raconter, Nikola Bašić m’a évidemment donné rendez-vous au bord de l’eau. Sur le nouveau quai de Zadar, là où j’ai découvert les orgues il y a quelques années… Je marchais sur la pierre blanche, lisse et douce à la fois. J’admirais les immenses marches descendant doucement vers la mer. Il y avait sur ce théâtre d’escaliers des promeneurs et des touristes, dans une attitude particulière, perceptible même de dos…

A lire : "J'ai vu la mer. Anthologie de poésie turque contemporaine", Michèle Aquien, Pierre Chuvin et Güzin Dino, aux éditions Bleu Autour

LES ORGUES MARINES : http://www.tzzadar.hr/fr/guide-de-la-ville/attractions-touristiques/20-04-2007/les-orgues-marines

Identité croate, cœur de pierre et grandes orgues pour Nikola Basic http://www.lecourrierdelarchitecte.com/article_4341

 

10 juillet : Sur Brač, la pierre tendre durcit à l’air

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5009583-sur-la-route-de-gumusluk-du-10-07-2013.html

Aujourd’hui, on commence à Split où on prend le ferry vers Supetar, sur l’île de Brač, pour rouler jusqu’à Sumartin et rencontrer Ante Marčić. Devant une minuscule maison de pierre. Bienvenue chez un homme qui a fait le tour du monde, avant de devenir guide touristique. Mais qui est aussi ancré dans sa terre, où il raconte la pierre de Brač. Une pierre blanche, lisse ou douce, qui peut devenir rosace, église, escalier ou bitte d’amarrage. Et qu’on retrouve un peu partout en Dalmatie, mais aussi à la Maison-Blanche et dans de nombreux monuments un peu partout. Une pierre particulière, qui durcit à l’air. Peut-être comme les gens d’ici.

A lire : Antonio Skarmeta: "Les noces du poète", aux éditions Grasset. Et "Les noces ardentes", aux éditions du Seuil. Auteur chilien descendant d'émigrés de l’île de Brač.

 

11 juillet : Sur un minaret de Mostar

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5009857-sur-la-route-de-gumusluk-du-11-07-2013.html

Nedžad Kasumović a filmé la destruction du vieux pont de pierre. Et avant de me le raconter, il m’emmène à la mosquée dont il a les clefs. Il y a des journées qui commencent bien, comme le réveil en douceur sur le petit port de Makarska, en Croatie. Il y a des journées qui entrechoquent les mondes, comme la route qui part de la mer, vers la Bosnie, et le détour de Medjugorje, lieu de pèlerinage catholique, avant de redescendre sur Mostar, en passant sous une croix géante. Pile sur la montagne d’où tiraient les forces croates de Bosnie, pour détruire la vieille ville musulmane. Il y a des journées qui finissent en pleurs sur un balcon de la pension Čardak face à la mosquée.

 

12 juillet : Avec Amila, entre Carnon-Plage et Mostar

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5009524-sur-la-route-de-gumusluk-du-12-07-2013.html

Bonjour et bon matin, dobro jutro, comme on dit en Bosnie-Herzégovine. Aujourd’hui je vous invite au café. En Bosnie, le café c’est important. On en boit toute la journée, dès qu’on arrive chez quelqu’un, dès qu’on rencontre quelqu’un. Et aujourd’hui c’est avec Amila Puzić qu’on va prendre le café. Et parler de tout et de rien, une demi-heure pour dire une vie.
Je voulais rencontrer Amila, pour parler d’avenir, parce qu’elle a 30 ans. C’est une jeune maman, qui enseigne au Centre culturel français. Elle a une coupe au carré décalée et l’accent de Montpellier. Mais avant l’avenir ou en même temps, il y a le passé. La guerre. La mort du père.

A lire : "N’oublie pas Mostar", Edisa Palicuka, aux éditions Albin Michel.

 

15 juillet : A Konjic, chez les Cokoja, entre Suisse et Bosnie

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5010127-sur-la-route-de-gumusluk-du-15-07-2013.html

Bienvenue à Konjic, petite ville sur la Neretva en Bosnie, où je suis allée rencontrer Salem Cokoja et sa famille. Salem a vécu à Lausanne quelques années et des amis m’avaient dit qu’il pourrait me raconter plein d’histoires. Entre ici et là-bas. Quand je lui ai téléphoné en préparant le voyage, Salem était enthousiaste. Trop content de retrouver quelques mots de français et de partager des souvenirs. Sa femme m’a dit qu’elle aussi avait été réfugiée, à Zurich, avant de le rencontrer. Et nous avons envisagé un pique-nique au soleil. Mais il pleuvait et c’est dans leur salon que j’ai découvert leur vie. Et leurs enfants, Azra, 6 ans et Adem 10 ans, petit génie polyglotte.

A lire : Miljenko Jergović: "Le jardinier de Sarajevo", éditions Babel et "Freelander", éditions Actes Sud.

Jean-François Berger: "Eclats de mémoire(s) - Souvenirs d’employés du CICR en ex-Yougoslavie, 1991-2001", éditions de l’Aire. Une autre vision de la guerre, avec les souvenirs des anciens employés locaux du CICR.

 

16 juillet : Au cimetière des partisans avec Osvit Seferović

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5010068-sur-la-route-de-gumusluk-du-16-07-2013.html

Je savais en partant sur la route de Gümüşluk que j’aurais droit à de sacrées montées et descentes, jusqu’en Grèce et en Turquie. Mais je ne m’attendais pas à retrouver une telle blessure, de Mostar à Konjic. Ce matin-là, j’en ai eu marre. Marre de ces mots et religions étiquettes qui dominent la vie politique en Bosnie-Hercégovine, comme dans les pays voisins. Heureusement, j’avais rendez-vous avec Osvit Seferović. Osvit est l’un de ceux qui en ont assez et qui osent le dire. Il mène le Front citoyen des autres, ceux qui refusent de se définir a priori comme croate, serbe ou musulman. Réfugié en Haute-Savoie pendant la guerre, Osvit a étudié en France, avant de revenir à Mostar pour se souvenir de son enfance et du cimetière des partisans. Je lui avais dit que je voulais faire une promenade vers un lieu important pour lui. Et il a préparé tout un programme… En commençant au centre culturel Abrašević.

A lire :Predrag Matvejevitch: "Le monde ex", aux éditions Fayard.

 

17 juillet : Un jour entre Mostar et Dubrovnik

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5010238-sur-la-route-de-gumusluk-du-17-07-2013.html

Nous voici entre Bosnie et Croatie, Herzégovine et Dalmatie. Au programme: montées, descentes, pluie et soleil, sourires et frissons. J’espère vous faire partager une de ces journées de voyage où l’on change de pays, de paysages, d’atmosphère et d’humeur. De la "Sonate au clair de lune" pour assombrir le vieux pont de Mostar au cimetière marin d’Orebić. Au delta de la Neretva où des barques sont surchargées de pastèques, jusqu’aux vieux sages de Dubrovnik qui nourrissent chats et pigeons en même temps... Des images, des rencontres, des doutes. Et je roule, je roule et vous raconte comment j’ai traversé 3 frontières en un jour.

A lire : Miljenko Jergović: "Le palais en noyer" aux éditions Actes Sud. Une famille de Dubrovnik en 5 générations, quand l’histoire est noire…

 

18 juillet : En terrasse à Kotor avec Ivona Jovanović

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5010347-sur-la-route-de-gumusluk-du-18-07-2013.html

Bienvenue au Monténégro. Un nouveau pays sur la route, indépendant depuis 2006, et ancien royaume de 600’000 habitants. Dans le port naturel de Kotor, les bouches sont extraordinaires: quatre baies, comme des ailes de papillon posées entre mer et montagnes, avec la vieille ville tout au fond. En été, les routes étroites qui serpentent jusqu’au fond des bouches sont un cauchemar, alors j’ai pris un ferry pour couper quelques dizaines de kilomètres de virage. Le temps de parquer, passer les remparts de la cité fortifiée, me voilà assise avec Ivona Jovanović. Elle enseigne le français à la Faculté de tourisme, elle aime la randonnée et parle bien de ce pays qui est le sien.

A lire : Žarko Komanin: "L’année bissextile", aux éditions l’Age d’Homme. Pour découvrir les campagnes, en 1948, lors de la rupture avec Staline, et comment  le peuple subit les changements dans ces régions.

http://www.visit-montenegro.com/cities-kotor.htm

http://whc.unesco.org/fr/list/125

 

19 juillet : Tout Kotor avec Jelena…

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5010473-sur-la-route-de-gumusluk-du-19-07-2013.html

Sur Radio Kotor, il y a une émission sur la mer, de la vie des marins à celle du port. Une autre émission dialogue avec les auditeurs citoyens, souvent mécontents. Mais il y a aussi Jelena Vukasović, une collègue journaliste, qui s’occupe des nouvelles locales, du Festival de théâtre pour enfants et du Festival du film méditerranéen. Elle m’emmène faire un tour dans la cité fortifiée et ses soixante églises. Une visite des remparts aux ruelles, pour comprendre combien la peur des Turcs de Barberousse est inscrite dans les murs. Mais c’est aussi une découverte du tempérament monténégrin, entre goût pour le verbe, la poésie, histoire épique et présent incertain.

A lire :Momo Kapor: "Le Tapis vert du Monténégro", aux éditions l’Age d’Homme. Une bataille, une rencontre, entre Monténégrins et Ottomans à la fin du 19e siècle, racontée par un écrivain serbe.

 

22 juillet : Dans les méandres du lac Skadar

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5010707-sur-la-route-de-gumusluk-du-22-07-2013.html

Aujourd’hui, on commence sur le port de Kotor, parce qu’un monstre paquebot est annoncé avec une surprise côté passagers….Puis c’est la route, jusqu’à Virpazar et Ulcinj, entre virages et mirages. Il y a, au Monténégro, tout près de la mer, le plus grand lac des Balkans qui change de taille suivant les saisons. Le lac Skadar ou lac de Shkoder partagé pour un quart avec l’Albanie. En arrivant à Virpazar, le lac surgit comme une apparition d’un autre temps. De l’eau un peu partout, avec des collines et des arbres dans ses méandres, des nénuphars, de petites barques, une digue qui porte la route et un petit train rouge…c’est splendide, sauvage et étrange, mais balayé par un vent terrible, parce que je n’ai décidément pas de chance. Alors c’est dans un des trois cafés du mini-village de Virpazar que je retrouve Dejan Mijovic, économiste et conseiller pour d’éventuels investisseurs. Un homme avec lequel je devrais pouvoir parler un peu de politique et de la situation du pays. Et, de surcroît, il connaît aussi très bien le coin.

 

23 juillet : Ulcinj en fête et avec Mustafa

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5010803-sur-la-route-de-gumusluk-du-23-07-2013.html

Tout au bout du Monténégro, j’ai rendez-vous avec Mustafa Canka. Journaliste qui tient une chronique à la TV locale et écrit, notamment, pour l’hebdomadaire indépendant « Monitor ». Mustafa est albanais et monténégrin, comme la majorité de la population d’Ulcinj, à la frontière sud du pays. Imaginez une petite ville entre campagne et mer, qui devient station balnéaire en été, avec une mosquée sur la plage et des filles en bikini. Imaginez une petite ville posée sur des collines autour d’un croissant de lune. Le croissant, c’est la plage du centre, la petite plage. Il y a aussi la grande, longue de 12 kilomètres, un peu plus loin vers l’embouchure de la Bojana qui marque la frontière avec l’Albanie. Et il y a surtout des oliviers centenaires tout autour.
Je vous invite à découvrir Ulcinj un jour de fête, avec Mustafa, les enfants qui jouent et les autorités qui célèbrent la ville. Le tout en plusieurs langues, dont le français.

 

24 juillet : Une journée dans la vieille ville d’Ulcinj (oliviers pluricentenaires)

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5010973-sur-la-route-de-gumusluk-du-24-07-2013.html

A Ulcinj à la pointe sud de la côte du Monténégro j’ai un pote, le coq, qui me réveille efficacement le matin, et je crois que j’ai une amie, enfin un début d’amitié. Ce mercredi 24 juillet, je vais vous raconter ma rencontre avec la femme en robe de chambre rouge et sa famille. J’ai rencontré Senada alors qu’elle cueillait des feuilles dans le soleil du matin. De la «mulaga ». On n’a jamais trouvé la traduction ni en français, ni en serbo-monténégrin, mais elle m’a invitée à goûter cette sorte d’épinard ou géranium sauvage, absolument délicieux. C’est ainsi que j’ai découvert les Bushati, et avec eux un peu l’histoire d’une famille albanaise venue de Shkoder il y a 120 ans. Comment ils se partagent les rôles pour tenir restaurant, appartements en travaillant encore à côté, mais surtout comment se déroule leur vie à plusieurs générations pleine d’éclats de rire. Avec une belle-sœur zurichoise Franziska, qui nous rejoint pour parler un peu…

http://www.journauxdevoyages.com/montenegro-parc-national-du-lac-skadar

 

25 juillet : Tirana en couleurs et avec Rezéar

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5010979-sur-la-route-de-gumusluk-du-25-07-2013.html

L’Albanie a ouvert ses frontières en 1992 seulement. Et s’il ne reste quasiment rien des 600 ou 700 000 bunkers, même si ce pays est passionnant, il ne suscite pas un grand intérêt, ni médiatique ni touristique. Alors, même si je viens de passer quelques jours avec des Albanais au Monténégro, j’ai l’impression de partir dans un autre monde. Parce que la vie en Albanie et en ex-Yougoslavie était très différente, et parce que je garde un souvenir effaré d’un reportage au Pays des Aigles lors des premières élections libres d’avril 92. Le pays était plongé dans l’anarchie et une misère inimaginable, il y avait des foules sur les routes, des arbres immenses coupés au pied pour se chauffer, des usines rouillées et démantelées parce que les habitants volaient les briques ou les tuyaux. Mais Tirana est aujourd’hui pleine de couleurs, les gens ont du tempérament, ils sont vifs, joyeux, accueillants. Et je pose toutes les questions qui me viennent à l’esprit à Rezear Xhaxhiu, formidable causeur, animateur d’un débat télévisé, dont le nom veut dire rayon d’or du soleil….

A lire : Dans la riche littérature Albanaise, les monuments littéraires d’Ismaïl Kadaré, "Avril brisé",  "Le Palais des rêves", "Le grand hiver", et tant d’autres. Parus le plus souvent en poche.

Et ceux de Fatos Kongoli qui, moins épiques, mais avec de petites épopées et enquêtes dans le quotidien et dans son étrangeté, disent l’Albanie entre hier et aujourd’hui. "Tirana Blues", "Peau de chien" (Payot&Rivages).

http://balkans.courriers.info/spip.php?page=pays&id_mot=2&nompays=Albanie

http://www.bibliomonde.com/pays/albanie-22.html

 

26 juillet : En Albanie, hier et aujourd’hui, toujours avec Rezear

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5011093-sur-la-route-de-gumusluk-du-26-07-2013.html

Bienvenue dans une deuxième étape albanaise, au pays des aigles, des pompes à essence et des grenouilles rieuses quand une marre surgit entre des immeubles. Toujours avec Rezear Xhaxhiu, journaliste volubile et « heureux comme un roi » dans son métier. L’Albanie est un pays fou, avec des cafés plus beaux qu’à Rome, des écrivains excellents, des bagnoles plus bling qu’à Zurich, des tsiganes qui portent des pyramides de vieux cartons, et des vieux qui promènent, au bord de l’autoroute, une vache au bout d’une ficelle. Et avec Rezear, qui a appris le français seul…et avec son père qui l’avait, lui, étudié à Moscou …on continue la découverte de ce pays fou. Qui est d’abord un pays extraordinaire si l’on aime les détours et les trous, dans l’histoire comme sur les trottoirs, et si l’on regarde ce que les gens en font.

A lire :

Dans la riche littérature Albanaise, les monuments littéraires d’Ismaïl Kadaré, "Avril brisé", "Le Palais des rêves", "Le grand hiver", et tant d’autres. Parus le plus souvent en poche.

Et ceux de Fatos Kongoli qui, moins épiques, mais avec de petites épopées et enquêtes dans le quotidien et dans son étrangeté, disent l’Albanie entre hier et aujourd’hui. "Tirana Blues", "Peau de chien"  (Payot&Rivages).

 

29 juillet : Quelques mots d’albanais avec le Professeur Rokaj

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5011429-sur-la-route-de-gumusluk-du-29-07-2013.html

Imaginez une langue dans laquelle mer se dit "det" et soleil "diell". Une langue dans laquelle de nombreux mots ne sont ni latins, ni slaves, ni scandinaves, ni grecs. Une langue qui semble mystérieuse mais probablement indo-européenne quand même. Aujourd’hui, je vous invite à découvrir l’albanais à la Faculté d’histoire et de philologie de Tirana chez le doyen, le professeur Shezaïr Rokaj. Un spécialiste de linguistique qui parle français en souriant, et qui pourrait devenir ministre de l’éducation dans le prochain gouvernement, car le Mouvement socialiste pour l’intégration, qui est allié au PS, a gagné les élections. Mais tout se jouera pendant la pause estivale, et moi je suis venue le voir avant, pour parler de cette langue qui me fascine et me perd… car que je n’arrive même pas à activer les crédits achetés pour mon téléphone. Alors avant l’université, on fait un tour au kiosque chez Pranvera, un prénom qui veut dire printemps.

http://www.bibliomonde.com/langue/albanais-1.html

http://www.bicephale-production.com/pages/litterature/la-langue-albanaise.html

 

30 juillet : Avec Sesilia Plasari: Tirana, Paris, le théâtre et la vie

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5015671-sur-la-route-de-gumusluk-du-30-07-2013.html

Au début des années 90 l’Albanie s’ouvrait comme une béance. Les ambassades ont d’abord été prises d’assaut par des gens venus s’y réfugier dans l’espoir de partir, puis, les Albanais ont fui sur des bateaux surchargés, repoussés le plus souvent par la marine italienne. Sesilia Plasari a réussi, elle, à se faire inviter pour une formation aux cours Florent, parce qu’elle enseignait déjà au conservatoire de Tirana. Mais, après 20 ans à Paris, elle est aujourd’hui revenue à Tirana. Elle vient d’y présenter en juin, "La petite hutte" d’André Roussin; un vaudeville classique et solaire, puisqu’un trio mari-femme-amant se retrouve sur une île après un naufrage. Elle a raison Sesilia, revenir à Tirana n’est pas forcément un retour en arrière, au contraire. Car, en France, elle était le plus souvent comédienne ou assistante metteur en scène alors qu’à Tirana, c’est elle qui amène une pièce française au public albanais. Et, en arrivant dans le plus beau parc de Tirana, le Parc du lac, qui surplombe la faculté des Beaux-arts et les ministères, je continue à me demander comment les Albanais font pour intégrer des réalités si différentes:  les bunkers avant, Tirana la colorée aujourd’hui, et l’émigration avant le retour au pays.

Alors on s’installe sur un banc avec Sesilia Plasari et on cause. 

A lire de Bessa Myftiu

"Confessions des lieux disparus" aux Éditions de l’Aube, 2007

"Amours au temps du communisme" aux Editions Fayard, 2011 

 

31 juillet : A Durrës, avec Raimonda, un jardin pour dire la vie

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5015743-sur-la-route-de-gumusluk-du-31-07-2013.html

"On ne va jamais aussi loin que lorsqu’on ne sait pas où on va". C’est, paraît-il, de Christophe Colomb, alors c’est sérieux, et c’est parfait pour vous présenter Raimonda. Quand je suis partie sur la route de Gümüşlük, je me demandais comment j’allais me débrouiller en Albanie et j’ai envoyé un sms à  Shprësa Gjoni que j’avais rencontrée pour enregistrer une émission "Dans les bras du figuier". Elle est médecin, albanaise, et elle m’avait superbement décrit la maison du bord de mer où elle avait grandi avant de quitter l’Albanie pour la Grèce, puis la Suisse. Et Shprësa m’a convaincue de m’installer à Durrës plutôt qu’à Tirana et chez sa mère plutôt qu’à l’hôtel. C’est comme ça que j’ai découvert Raimonda qui a enseigné l’albanais avant de tenir un magasin de fleurs. Veuve, elle vit seule aujourd’hui. Ses trois enfants qui vivent dans trois pays différents appellent à tour de rôle par skype.  Et, avec Raimonda, on a fini par beaucoup parler du jardin et de la vie. Même si elle ne savait qu’un peu l’italien et moi pas du tout, enfin je croyais que c’était comme ça, pour elle comme pour moi.

 

1er août : Les mots préservés de Besnik Mustafaj

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5015864-sur-la-route-de-gumusluk-du-01-08-2013.html

L’écrivain qui fut député, ministre des affaires étrangères et ambassadeur de l’Albanie à Paris, ferait un superbe discours du 1er août. Alors bienvenue dans son bureau, au calme, à l’écart d’une petite rue de Tirana. Besnik Mustafaj a su ne pas s’emmêler dans ses différents rôles et mots, mais il en a payé le prix. Ses romans, parus en pleine révolution albanaise dans les années 90, étaient ceux d’un futur grand. "Les cigales de la canicule", "Un été sans retour", "Le tambour de papier", disaient un monde étrange, inquiétant, comme de l’intérieur des gens. Avec des phrases apparemment simples il faisait sentir l’ombre, la peur.  En même temps, il cofondait avec Sali Berisha, le Parti démocratique albanais qui remporta les premières élections libres. Alors que Sali Berisha incarne le nouveau pouvoir albanais, en bien et en mal, Besnik Mustafaj devient ambassadeur à Paris, puis ministre des affaires étrangères. Mais s’il parvient à être écrivain et politicien en publiant encore "Le Vide" et "Pages réservées, un Albanais à Paris", il y a eu, ensuite, comme une longue pause, jusqu’à ce qu’il renonce en 2007 au tiraillement. Besnik Mustafaj va sous peu publier un nouveau roman. Et il parle comme il écrit, avec le sens du temps et du présent, de l’universel et du personnel. D’ailleurs, il se pourrait bien que son prochain livre s’appelle "Autoportrait à l’aide d’un télescope"….

Les livres de Besnik Mustafaj sont parus chez Actes sud, Albin Michel et Grasset&Fasquelle

http://www.bibliomonde.com/auteur/besnik-mustafaj-2541.html

 

2 août : Sur le pont de Mitrovica avec Shefqet

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5015924-sur-la-route-de-gumusluk-du-02-08-2013.html

Bonjour et bienvenue sur la route de Durrës-Mitrovica-Skopje. Le vendredi, ce n’est pas seulement le jour du poisson, aujourd’hui, pour moi et pour vous si vous faites la route, ce sera le jour de l’ours, du šarplaninac et de Sheftqet, le peintre presque suisse du pont de Mitrovica, et de la descente sur Skopje. Oui, c’est un peu costaud comme programme, parce qu’on va commencer à la plage pour traverser les montagnes et les villes aussi. Mais j’ai envie de vous raconter ces cascades d’images et d’émotions que j’appelle les rapides du voyage. Des moments où il devient urgent de se poser, et de savoir où se poser. Alors on ne traîne pas. Sauf sur le pont de Mitrovica, parce que Shefqet Loshaj a beaucoup à raconter sur cette ville divisée et sur ses presque 20 ans passés en Suisse où il dit avoir tout appris. Avant son retour réussi au pays, où le plâtrier-peintre est devenu responsable maître d’œuvre pour de nombreux nouveaux bâtiments.

http://www.bibliomonde.com/pays/kosovo-32.html

 

5 août : Chez Esma, reine des Tsiganes et des couleurs

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5016234-sur-la-route-de-gumusluk-du-05-08-2013.html

Elle a 300 turbans et élevé 48 enfants. Elle a des ongles de couleur différente à chaque doigt et un gilet en peau de lapin composé de petits carrés multicolores.  Mais elle a surtout une voix… la petite et très grande Esma Redzepova. Et aujourd’hui je vous invite chez elle. Désignée reine des Tsiganes en 1976 lors d’un congrès mondial en Inde, Esma est une espèce de légende, dans les Balkans et dans ma famille, mon père prétend l’avoir entendue à ses débuts, alors qu’elle est quand même un peu plus jeune que lui. Même si elle chante depuis 55 ans. Mais la voix d’Esma Redzepova fait partie de toutes les familles d’en bas à gauche. D’ailleurs, tout le monde la connaît, surtout à Skopje et elle m’a dit qu’il suffisait d’annoncer au chauffeur de taxi "je vais chez Esma".… Bienvenue dans une maison orange à colonnades blanches posée sur des talus, sauvages et sans barrière, ni chemin d’accès. Juste à l’arrière de la forteresse et de la colline historique. Là où elle compte ouvrir un musée à la mémoire de son défunt mari Stevo Teodosievski et elle-même, l’année prochaine….

 

6 août : Connaissez-vous Skopje 2014 ?

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5016388-sur-la-route-de-gumusluk-du-06-08-2013.html

Si vous ignorez tout de cette incroyable transformation urbanistique, vous avez tort, mais ce n’est pas de votre faute parce qu’on en parle bien peu ici de Skopje 2014. Depuis 4 ou 5 ans, le centre de la capitale macédonienne est un chantier permanent. Des statues par dizaines, des colonnades, des immenses bâtiments baroques ou néo-classiques. Il y a tellement de nouveaux monuments que personne ne sait plus ce que signifient le galion posé dans le Vardar et les dizaines de personnalités en bronze sur le nouveau pont des arts. Sauf Borjan Jovanovski. Il est journaliste, ancien présentateur vedette des actualités sur la première chaîne de télévision privée de Macédoine. Mais la chaîne a été dissoute et il se retrouve sur un site d’information en ligne. Quant à Skopje 2014, il évite de passer par le centre parce que ce kitsch identitaire lui fait mal au cœur. Pour comprendre ce qui se passe dans ce petit pays au cœur des Balkans, entouré de voisins pas vraiment bienveillants, et dans cette capitale détruite à 80% par le tremblement de terre de 1963,  je vous propose de découvrir Borjan Jovanovski, un journaliste pas encore totalement réduit au silence. Fort en mots, pour critiquer mais aussi défendre une fragile Macédoine.

A lire : Pour comprendre la région au début du siècle et à la fin de l’empire ottoman: "Le dernier seigneur des Balkans", de Necati Cumali, en livre de poche.

 

 

7 août : Exils et frontières balkaniques avec Luan Starova

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5016450-sur-la-route-de-gumusluk-du-07-08-2013.html

A Skopje, il y a encore une vieille ville et un bazar, qu’on appelle Čaršija. Et en Macédoine on entend encore des langues diverses, macédoniens, albanais, rom, et roumain. Mais dans les Balkans, les frontières se sont multipliées, au fil des guerres, conquêtes, défaites, les espaces se sont fragmentés, les pays homogénéisés, comme on dit parfois là-bas. Ce n’est pas nouveau, mais c’est de pire en pire. Et il y a des écrivains, comme Luan Starova qui ont décidé d’essayer de comprendre "la malédiction des Balkans".

C’est la mère de Luan Starova qui parlait de malédiction des Balkans. Parce que la famille vivait comme en exil à Skopje, avec la mémoire de l’autre côté et de ceux restés en Albanie. Et, de ses souvenirs d’enfance à la bibliothèque de son père, d’un exil familial aux exils collectifs du destin balkanique, Luan Starova s’est mis à écrire une saga.

L’ancien journaliste et professeur de français, qui fut ambassadeur yougoslave en Tunisie et Palestine devenu ambassadeur de Macédoine à Paris, a décidé un jour d’aller chercher au fond, au-delà du nationalisme.

Il a écrit, en albanais et en macédonien, et publié déjà une douzaine de livres, sur une vingtaine prévue. Dont cinq traduits en français: pour dire le temps des chèvres, quand les montagnards sont venus vivre à Skopje avec leurs bêtes, une visite en Albanie athéiste et stalinienne, ou l’impossible retour vers un monde qui n’existe plus. S’il a jamais existé.

Et on va essayer de dire un peu cela en quelques mots sur un banc de Skopje.

Les livres de Luan Starova :

"Le temps des chèvres" http://www.bibliomonde.com/livre/temps-des-chevres-5922.html

Ce roman évoque la période de l'immédiat après-Seconde Guerre mondiale, quand le nouveau régime, dans le souci de créer une nouvelle classe de prolétaires, demande aux bergers de quitter leurs montagnes et de venir s'installer en ville. Ainsi, un beau jour, la Grand-Place de Skopje, le Plochtad, devient toute blanche, envahie par les chèvres que les bergers refusent d'abandonner. Mais rapidement, l'euphorie tourne à la tragédie lorsque le pouvoir décide l'extermination des bêtes. Si l'allégorie brossée par l'auteur constitue par certains côtés une roborative leçon d'espoir, elle n'en demeure pas moins avant tout une réflexion sur la dangereuse vanité des idéologies qui aspirent à façonner un « homme nouveau » et une salutaire méditation sur l'impermanence des choses en général, en particulier sur la précarité que revêt dans les Balkans ce qui paraît définitivement acquis.

"Les livres de mon père" http://www.bibliomonde.com/livre/les-livres-mon-pere-5924.html

Le personnage principal de la saga balkanique de Luan Starova, le père, a vécu la chute de trois empires : ottoman, nazi puis stalinien. Il en a été le grand perdant avec sa famille, sauvant uniquement ses livres, mais sauvé aussi par eux dans leur traversée des empires. Ce récit est l'épopée des livres de sa bibliothèque, chacun recelant une histoire liée à celle des autres. L'auteur nous restitue ainsi la chronique des cinquante ans de cette bibliothèque qui est aussi la chronique de l'exil de sa famille. Certains rayonnages représentent des époques, des chapitres, des tomes de cette histoire.

"Les rivages de l’exil" http://www.bibliomonde.com/livre/rivage-l-exil-5925.html

Le narrateur (Luan Starova, à n'en pas douter) nous raconte la vie des membres de sa famille vouée à un perpétuel exil, au point que celui-ci devient l'essence même de leur existence. Mais trois éléments restent immuablement constitutifs de son identité les livres du père, dont ce dernier ne pourra jamais achever la lecture - tout comme l'avenir des Balkans ne sera jamais fixé -, le trousseau de clés de la mère, qui s'alourdit à chaque pérégrination forcée de la clé de la maison abandonnée, et ce depuis des générations de femmes qui espèrent toujours retrouver leur foyer, le berceau de leurs enfants. Et enfin le lac d'Ohrid, qui à la fois unit et sépare l'Albanie, la Yougoslavie et la Macédoine, des rivages duquel l'on peut toujours apercevoir l'autre côté... Cette histoire peut sembler tragique, et elle l'est ; mais, en même temps, Luan Starova, avec ses yeux d'enfant, réussit le tour de force de nous inclure dans cette famille aimante, pleine de ressources et d'humour, qui témoigne de l'étonnante vitalité de l'espèce humaine !
« Voici le plus beau, le plus épanoui des livres de Luan Starova. [...] Ce livre de tendresse contient en même temps, dans sa texture intime, la tragédie des Balkans » (extrait de la préface d'Edgar Morin)
"Le Musée de l’athéisme" http://www.bibliomonde.com/livre/musee-l-atheisme-5923.html

Un roman où on retrouve la chronique de l'exil familial en Macédoine replacée, cette fois, dans la perspective du retour : le retour au pays d'origine, mythiquement érigé en symbole de la famille exilée. L'auteur retrace alors le pénible épisode de son voyage dans l'Albanie natale, qui coïncida avec la sombre période dit stalinisme vieillissant, lorsque le régime d'Enver Hodja voulut éradiquer les trois confessions qui, pendant des siècles, avaient coexisté sans heurts. Cette mise à mort de toute foi était censée trouver un accomplissement grotesque dans la création de musées de l'athéisme, dont celui de Shkodër fut l'exemple le plus caricatural. Le narrateur va se trouver ainsi impliqué dans une farce au goût d'enfer. Le rêve du retour se heurte pour lui à la désastreuse réalité d'une idéologie qui broie des vies humaines en exploitant l'ancestrale pulsion d'auto-immolation qui se perpétue de nos jours encore dans ces régions. Il faut se rendre à l'évidence : le vrai retour est impossible. Seul l'exode continue.
Aux éditions des Syrtes pour "Le chemin des anguilles" http://www.bibliomonde.com/auteur/luan-starova-2537.html

 

8 août : Petite et grande histoire, dans les vignes de Naoussa

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5016622-sur-la-route-de-gumusluk-du-08-08-2013.html

Aujourd’hui, nouvelle frontière et arrivée en Grèce. Mais on reste en Macédoine, et même au cœur de l’ancien royaume. Puisqu’à Naoussa, Aristote aurait donné des cours au petit Alexandre futur Grand. Il y a dans les environs le palais de son père Philippe et sa tombe. Et il y a des vignes. Celles des Dalamaras notamment, qui parlent français …. et bâlois. Aujourd’hui je vous invite à découvrir un jeune homme de 26 ans, Kostis, qui a déjà beaucoup voyagé et étudié la viticulture, notamment en France. Et qui parle calmement de tradition et de modernité, de crise qui sera peut-être salutaire et de sa région, au sens large, puisqu’il aime aussi les trompettes des musiciens turcophones de Strumica, de l’autre côté...

Bienvenue chez les Dalamaras, père et fils, sur des coteaux à 50 kilomètres du golfe de Thessalonique, où il neige parfois. Bienvenue en Macédoine, dans cette Grèce du nord très différente des îles. Une Grèce en crise, mais pas seulement.
A Lire :

Pour sentir la région à la fin de l’empire ottoman "Le dernier seigneur des Balkans" de Necati Cumali (en poche)

"Le dictionnaire amoureux de la Grèce" de Jacques Lacarrière, Editions Plon.

http://www.dalamarawinery.gr/main.php?action=open&id=1&lang=en

 

9 août : Le goût de la Grèce, malgré la crise

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5016687-sur-la-route-de-gumusluk-du-09-08-2013.html

Après avoir traversé les Balkans et de multiples frontières sans souci, j’étais certaine que tout irait bien en Grèce.  Mais ça a plutôt mal commencé, avec des rendez-vous qui ne venaient pas. Et un lapin posé en pleine canicule. Alors j’ai décidé d’acheter le climat, comme aurait dit Frank Musy. Acheter le climat, c’est par exemple arrêter de s’énerver au milieu des vacanciers. Et laisser venir… ce qui pourrait finir par avoir un sens. En commençant par interroger le "frappé" la boisson nationale qui est un nescafé glacé, souvent sucré et plein de lait. Et s’intéresser à cette cuisine grecque sublime quand c’est Asterios qui prépare poulpe, feta ou skordalia, purée de pain (ou pommes de terres), ail et huile d’olive. Mais comme il parle peu, et que le grec, c’est avec Chrissoula Badinou, journaliste de Thessalonique, que je suis allée découvrir un club gastronomique. Où les gens du quartier de Kalamaria peuvent venir apprendre ou redécouvrir leur cuisine. Une nécessité depuis que les magasins regorgent de boulettes de viande hâchée congelée déjà assaisonnée et de mezze traditionnels à l’huile de palme ou de soja. 

http://www.authentic-holidays.com/f/habitations_greece/cuisine.php

http://www.2travelandeat.com/grece/recettes.de.cuisine.grecque.html

 

12 août : Entre mots et quais de Thessalonique avec Chrissoula

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5016983-sur-la-route-de-gumusluk-du-12-08-2013.html

Ce matin, je regardais Thessalonique immense anse blanche, dans une lumière rose, posée comme entre collines et mer.  J’avais envie de me sentir comme Henry Miller qui écrit: "La lumière de la Grèce m’a ouvert les yeux, a pénétré mes pores, a fait se dilater mon être tout entier". Avant de penser à nager dans le ciel. Mais ce matin-là à Perea, je voyais les gens se promener avec des bâtons contre les chiens errants. Et je pensais aussi aux ramasseurs de fraises dans le Péloponnèse, roués de coups et tirés au fusil de chasse parce qu’ils osaient demander à être payés. Les mots de Dimitri Dimitriadis, auteur grec et crépusculaire, revenaient: "Cela fait bien longtemps qu’en Grèce nous vivons dans la lumière d’une étoile morte". * Et je me disais que j’avais de la chance d’avoir rendez-vous avec Chrissoula, parce qu’elle a l’énergie et la voix d’un soleil… et qu’elle m’a donné rendez-vous à la plage de Thessalonique. Qui est en fait un quai avec une allée de pins. Face à l’Olympe invisible dans la brume de la canicule, Chrissoula Badinou, journaliste en recherche d’emploi, dit encore une autre Grèce. Celle de la crise, subie mais sans perdre espoir. Celle des jeunes qui émigrent ou, comme elle, essaient de tenir. Parce qu’elle aime sa ville, sa langue et ces quais pour s’ouvrir au bleu.

A lire :

Retrouver l’émerveillement grec d’Henry Miller, dans "Le Colosse de Maroussi", Le Livre de Poche.

"L’été grec" de Jacques Lacarrière, Pockett collection Terre humaine.

Et l’hiver grec de Nicolas Verdan dans "Le rendez-vous de Thessalonique", éditions Campiche

*Lire l’interview de Dimitri Dimitriadis dans une exceptionnelle interview donnée au "Monde", au sujet de la crise

http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/06/07/dimitris-dimitriadis-la-grece-est-morte_1714750_3246.html

 

13 août : De l’église au grand bleu, un matin à Afitos

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5017111-sur-la-route-de-gumusluk-du-13-08-2013.html

Kalimera et bienvenue à Afitos (ou Athitos), petit village terrien devenu balnéaire. Sur le premier doigt de la Chalcidique, ou Halkidiki en grec, qui est comme un trident ou une main à trois doigts avancés dans la mer. Je crois que le premier, celui de Kassandra est le moins intéressant, mais j’en avais marre de rouler. Et puis sur le troisième il y a le mont Athos interdit aux femmes. Alors je me suis dit qu’ils ne me verraient même pas dans les environs… Mais en revanche je suis allée à l’église à Afitos. Faut dire que j’ai eu de la chance de choisir par hasard le village le plus ancien de la petite péninsule. Avec un vrai centre et des habitants qui aiment leur coin.  Comme Kristina, grecque de Macédoine et de Belgique, tombée amoureuse de ce village surélevé par rapport à la mer, ce qui ravit les martinets. Et ceux qui aiment les vues grandioses. Comme Kristina, qui raconte, en quittant quelques instants sa boutique de mode, l’orthodoxie au quotidien et la vie au village. En pleine mutation de début de saison.

A lire :

Retrouver la Grèce idéale dans "Méditerranée" de Jacques Lacarrière, Editions Robiert Laffont.

La Grèce des origines moins évidentes de Vassilis Alexakis dans "La langue maternelle", Folio.

 

14 août : Chez les Kitsos, Grecs de La Chaux-de-Fonds

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5017160-sur-la-route-de-gumusluk-du-14-08-2013.html

Quand j’ai entendu parler de Fotini, revenue à Thessalonique après des décennies à La Chaux-de-Fonds, je n’ai pas hésité. Et elle m’a invitée. Pour un superbe plat d’anchois frais doucement cuits au citron, dégusté fenêtres fermées, parce qu’il fait très chaud ce jour là. Mais l’appartement est tellement impeccable qu’il semble neuf et frais. Faut dire que les deux Kitsos sont tous deux laborantins retraités. Suisses et grecs à la fois, lui, plus ici, elle plus là-bas. Suisses dans leur regard distancé sur leur pays, et grecs dans leur tempérament notamment quand ils parlent en même temps. Alors pour causer, je me suis mise entre les deux sur le canapé. Comme des anchois alignés pour une conversation au long cours, des villages d’antan, à la crise d’aujourd’hui, de l’émigration en Suisse aux étés à la mer. Avec les pastèques qu’on achète par la fenêtre.

http://www.bibliomonde.com/pays/grece-16.html

 

15 août : De Grèce en Turquie, entre larmes et sourires

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5017322-sur-la-route-de-gumusluk-du-15-08-2013.html

En Chalcidique, j’ai ralenti. Ecouté les poules perchées sur un arbre pour dormir, les enfants qui jouent au foot, les grenouilles dans la falaise, les vespas dans les rues, les martinets dans le ciel et les d’hirondelles installées dans la poste restante… Mais avant de quitter le coin, je me suis dit que j’allais faire encore un tour à Thessalonique. Parce que je n’étais pas certaine de la sentir la grande ville posée comme une évidence entre Balkans slaves et Turquie, juste sur la route de Gümüşlük. Cette ville port que tout le monde disait ouverte et universitaire mais qui me semblait surtout grecque. Même si je rencontre John, nigérian et vendeur de bracelets sur la plage, qui pense rentrer au pays parce que la crise touche aussi les Africains… Mais j’ai aussi rencontré Dimitris Minaretzis, comédien de théâtre et de télévision, souvent comique, mais qui sait trouver les mots justes. Il s’appelle Minaretzis parce que son grand –père, grec, construisait des minarets à Xanthi. Et quand il se promène en ville, il dit sentir des fantômes.

Moi, dans la vieille ville je sens un grand vide. Le grand incendie en 1917,  l’échange des populations grecques et turques, et la fuite, puis surtout l’extermination des dizaines de milliers de juifs, pendant la Deuxième Guerre mondiale… La Jérusalem des Balkans n’existe plus. Même si la ville est pleine de vie.

 A lire absolument si vous connaissez l’anglais :

"Salonica. City of Ghosts. Christians, muslims and jews 1430-1950", de Mark Mazower. Harper Perennial

http://www.bibliomonde.com/pays/salonique-57.html

 

16 août : A Gallipoli, entre douce campagne et grande histoire

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5017419-sur-la-route-de-gumusluk-du-16-08-2013.html  

Arriver en Turquie par la route et par la frontière avec la Grèce c’est étrange. C’est comme arriver par la petite porte. Même si c’est la continuité évidente de la route des Balkans. Mais à part les camions et les Turcs qui rentrent au pays, pas grand monde ne la prend cette route. Et c’est l’arrivée en douceur et en campagne, dans un pays immense, qui serait le plus peuplé et le plus grand d’Europe, s’il en faisait assurément partie. Si la grande ou sublime porte, comme on appelait l’empire ottoman, n’avait pas été l’ennemi par excellence de notre Occident. Lavandes, romarins, pins, champs de blés et enfants qui me sourient: c’est dans la beauté de la péninsule de Gallipoli, que je redécouvre, un peu tard, un des plus terrifiants champs de bataille de la 1ere guerre mondiale. Avec les mots d’Eric Goossens, Flamand volubile, qui aime l’histoire, mais aussi les gens, les crabes et la Turquie.

A lire :

Orhan Pamuk: "La Maison du silence".Une famille en vacances sur les rives de la mer de Marmara et 100 ans d’histoire. (Editions Gallimard)

Louis de Bernière: "Des oiseaux sans ailes", destins croisés à la fin de l’empire ottoman. (Folio)

 

La bataille des Dardanelles, aussi appelée la bataille de Gallipoli :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_des_Dardanelles

Dès avant le début de la guerre, l'Europe est divisée entre deux systèmes d'alliances : la triplice et l'entente. Dès 1906, la prévision d'une guerre au cours de laquelle les troupes germano-ottomanes prendraient l'Egypte en traversant le canal de Suez et provoqueraient une révolte de l'Afrique musulmane déstabilisant ainsi les colonies de l'Entente poussent les Britanniques à élaborer un plan pour intimider les Orientaux et les forcer à signer une paix séparée. Ce plan prévoyait une action offensive à la fois navale et terrestre pour prendre possession des Détroits, menacer Constantinople et obliger ainsi la Sublime Porte à la paix. Une telle offensive nécessitait un grand déploiement de navires de guerre ainsi que d'importantes troupes d'infanterie. C'est pour cela que, dès 1906, les Britanniques prévoient l'établissement d'une base sur l'île de Lemnos.

 

19 août : Avec Ulaş dans la baie et la joie d’Izmir

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5017734-sur-la-route-de-gumusluk-du-19-08-2013.html

Merhaba, bonjour, et bienvenue à Izmir. Je suis arrivée un soir de fête, au coucher du soleil. Et j’ai cru rêver… L’ancienne Smyrne est posée sur une des plus belles baies du monde. Quand j’ai lu, avant d’arriver, les mots d’un journaliste français la comparant à Rio ou Hong Kong, je me suis dit qu’il avait un peu forcé sur le narguilé. Mais c’est presque vrai. Sauf qu’à Izmir les maisons ne sont de loin pas des gratte-ciel et que les quartiers ont de l’espace tout autour de la baie. Sauf qu’il y a des pelouses un peu partout au bord des quais et sur des kilomètres. Et sur les pelouses, en ce jour de fête, des centaines de familles en train de pique-niquer sur des tapis d’orient. Avant le concert monumental du clarinettiste bulgare Ivo Papazov. J’ignorais qu’il y avait encore une telle joie de vivre en Méditerranée. Et je me demandais, si Ulaş, allait être aussi enthousiaste. Oui: Ulaş Genco Akyol adore sa ville. A 24 ans, diplômé avec master de Paris Dauphine, il est revenu et travaille dans le textile pour un groupe français. Il raconte la Turquie jeune et vive, l’économie en pleine croissance. Izmir et ses débarcadères pour les navettes qui permettent de se déplacer sans voiture, les jeux de backgammon sur les terrasses face à la mer. C’était en mai 2013, juste avant les manifestations et répressions qui ont enflammé la Turquie. Mais Ulaş dit qu’Izmir n’a pas changé. Parce qu’Izmir...

 

20 août : Au bazar, avec Burcu, un brin neuchâteloise

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/sur-la-route-de-gumusluk/5017881-sur-la-route-de-gumusluk-du-20-08-2013.html

J’attends Burcu Aksakar au coin de la place Konak à Izmir. Une immense place piétonne, à l’entrée du bazar. Burcu, que je ne connais pas mais qui a une voix fraîche et piquante, comme les petites prunes vertes posées sur la carriole du marchand ambulant. Une voix claire, comme l’eau glacée vendue par l’autre marchand. Et non, je ne la comparerai pas aux moules farcies vendues par le troisième… trop risqué, la comparaison comme la dégustation des moules entre couche de glaçon et soleil de plomb. La voilà qui arrive et propose de partir déguster "un vrai café turc". Au centre d’un ou plutôt plusieurs bazars, après les calebasses percées devenues lampes, les hangars à cahiers d’écoles, voilà une cour à ciel ouvert. C’est là qu’on s’assied sur des petits bancs couverts de kilims pour parler de ses études à Neuchâtel, de sa vie de jeune femme et d’Izmir.

Entre deux rires et les deux villes dont elle aime les terrasses, entre le patron qui parle croate et un long appel à la prière, le matin est joyeux au bazar d’Izmir.

Pour retrouver le poème de Nazim Hikmet "J’ai vu la mer. Anthologie de la poésie turque contemporaine". Editions Bleu autour

 

 

… à suivre

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