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France voisine 17:06

Des projets de forage de gaz de schiste suscitent l’inquiétude

Christian Lecomte

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/adbf8a7e-84a4-11e1-9cae-c9370ac146d7/Des_projets_de_forage_de_gaz_de_schiste_suscitent_linqui%C3%A9tude

 

L’extraction de ce gaz non conventionnel causerait des dommages pour l’environnement et la santé. Le Pays de Gex et la Haute-Savoie attirent les compagnies pétrolières dont la société suisse Pétrosvibri qui prospecte déjà dans le canton de Vaud

«Après la perte du foncier agricole, le bétonnage, le pyralène dans nos lacs et l’air de plus en plus vicié, voilà la nouvelle agression: le gaz de schiste», Elue d’Europe Ecologie les Verts en Rhône-Alpes et en charge de la Montagne et du Tourisme dans l’exécutif régional, Claude Comet a pris la tête des opposants au gaz de schiste dont l’exploitation, martèle-t-elle, «est dangereuse et très préjudiciable pour l’environnement».

Plusieurs forages seraient prévus dans la région, autour de Saint-Julien en Genevois, vers Abondance et dans le pays de Gex. Un permis d’exploiter, dit le Permis de Gex, a même été délivré par le ministère de l’industrie français à un consortium de trois sociétés pétrolières (deux britanniques, une canadienne) dans une zone proche de la Suisse qui couvre 932 km2 sur les territoires de l’Ain, de Haute-Savoie et du Jura. «Avec les permis de Blyes, de Gex sud, de Lyon Annecy, ce sont 10 000 km2 de nos territoires rhônalpins qui sont menacés par cette industrie polluante» s’alarme l’élue.

Le gaz de schiste est extrait à partir de terrains argileux et composé principalement de méthane. Son exploitation s’opère à partir de la méthode de la fracturation hydraulique à environ 4000 mètres afin de casser les roches poreuses qui le produisent et où il est piégé. «Il faut injecter des quantités énormes d’eau et de sable mélangées à des solvants chimiques, c’est évidemment très nocif pour les nappes phréatiques. De plus, une partie de l’eau remonte sous forme de boues toxiques» résume Claude Comet.

La France est avec la Pologne le pays qui dispose des ressources les plus importantes en Europe. On trouve cet hydrocarbure essentiellement dans le sud-est et le quart nord-est du pays. Depuis peu, le sous-sol de nos régions est jugé prometteur par les compagnies pétrolière au point qu’elles rêvent - Total en tête – de le conquérir. «Au moment où l’on parle de remise en cause nucléaire et de la volonté de gagner en indépendance énergétique, le gaz de schiste représente un eldorado pour les compagnies» poursuit la militante.

En juin 2011, le Parlement français a définitivement adopté une proposition de loi interdisant la technique de la fracturation hydraulique, tout en laissant la voie ouverte à d’autres techniques non conventionnelles de fracturation. «Nous dénonçons une hypocrisie, l’exploitation semble prohibée mais pas l’exploration, celle-ci nécessite des forages qui vont polluer» indique Claude Comet.

Les Verts genevois ont rejoint leurs homologues rhônalpins pour dénoncer les plans de forage. Une interpellation urgente au Grand Conseil a été déposée et une pétition a été lancée. «Cette exploitation possible du gaz de schiste va à l’encontre du projet d’agglo qui précise que l’on s’engage de part et d’autre de la frontière dans un développement respectueux de la nature» justifie Anne Mahrer. La députée Verte genevoise qui veut préserver «la plus grande réserve en eau douce en Europe occidentale qu’est le Léman» souhaite que la Confédération se dote enfin d’un cadre légal en matière de gaz de schiste et que les cantons cessent «de bricoler».

Un autre élu Vert, François Lefort, a également déposé deux interpellations demandant au Conseil d’Etat de préciser le rôle des SIG dans la prospection du gaz de schiste. La société suisse Petrosvibri SA basée à Vevey dont les SIG sont des actionnaires importants, détient un permis d’exploration à Noville, dans le canton de Vaud. La société a également déposé une demande de permis en France qui s’étend de Thonon à Saint-Gingolph et dans la vallée d’Abondance, dans le Chablais haut-savoyard.

«Petrosvibri et les SIG ont le même président en la personne de Daniel Mouchet» rappelle Anne Mahrer. Petrosvibri indique qu’il ne s’agit pas de recherche de gaz de schiste et qu’elle ne concerne que des poches de gaz naturel. Mais l’on demeure sur ses gardes tant du côté suisse que français. Ces projets de forages «tout azimut» ont le mérite d’adoucir les clivages politiques traditionnels. Tant à Thonon (Haute-Savoie) qu’à Divonne (Pays de Gex), deux communes dirigées par des maires UMP (majorité présidentielle), les élus ont découvert «avec inquiétude» les demandes de permis et condamnent quasi-unanimement ceux qu’on appelle «les maso-schistes».

A Thonon et Evian, deux villes aux sources d’eau minérale protégées, forer paraît une chose inconcevable. A Divonne, le discours est musclé. La Communauté de communes présidée par le député UMP Etienne Blanc réclame l’abrogation du permis de Gex et exprime «un refus absolu à toute recherche de ressources d’énergie fossile sur le Pays de Gex, y compris par des méthodes de prospections conventionnelles».

Par ailleurs, les autorités gessiennes souhaitent porter l’attention des pouvoirs publics français sur la nécessité de décider en concertation avec les voisins suisses de mesures pouvant avoir de graves conséquences environnementales pour l’agglomération franco-valdo-genevoise. Les Verts genevois ont, paraît-il, particulièrement apprécié cette dernière attention.

 

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