Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog

Présentation :

Premier Repaire de Là-Bas Si J'y Suis de Haute-Savoie, créé en 2007 !

Rechercher

/ / /

 

Aziz Fall - Congrès Panafricain – Münich 2011

http://www.panafrikanismusforum.net/video-dokumentation.html

http://www.youtube.com/watch?v=ctI37gmc7QU&feature=mhee&lr=1

Début en anglais (remerciements) ensuite en français (2’)


Que faire ? La question est dans la faisabilité…

Le panafricanisme on y aspire, mais la grande difficulté c’est comment le concrétiser. Dès l’origine le panafricanisme a été divisé en 2 familles : le groupe de Monrovia et le groupe de Casablanca. Le groupe de Monrovia a gagné, et tous les membres du groupe de Casablanca se sont fait assassiner et continuent de se faire assassiner ! La stratégie dont je vais vous parler est née après le groupe de Casablanca. Je l’appelle le ‘panafricentrage’, c’est une synthèse entre le ‘panafricanisme’ internationaliste et l’autocentrage. Les recettes sont connues, c’est tout ce que l’impérialisme n’aime pas, tout ce que les forces compradores n’aiment pas, tout ce que les régimes politiques qui nous dirigent depuis une cinquantaine d’année ne supportent pas. La stratégie est difficile, elle est à contre courant, mais je crois qu’aujourd’hui nous sommes condamnés, pour la première fois de notre histoire à relever le défi pour ne pas périr. L’impérialismen veut l’Afrique sans les africains, l’Afrique pour ses seules ressources. Nous avons parlé des conditions du peuple congolais. Il n’y a pas eu de résolutions pour sauver la population civile du Congo, mais on a inventé 8000 personnes qui auraient été massacrées par Kadhafi pour instrumentaliser le droit international et assassiner un chef d’état qui contribuait massivement à l’unité africaine. Je ne suis pas du tout un partisan de Kadhafi, mais l’union africaine est une coquille vide, un syndicat de chefs d’état dont l’essentiel des contributions pour l’UA c’est 8% de son budget. 92 % de l’argent de l’UA est financé par des bailleurs de fonds étrangers. Le plan de développement, le NEPAD[1], plan de partenariat avec l’occident, et pas un plan continental de développement, et nous avons une élite et une grande majorité de nos leaders qui ne peuvent pas concrétiser les aspirations de nos populations. Les aspirations de nos populations ne peuvent pas s’opposer, elles sont les mêmes : la satisfaction de nos besoins essentiels : l’eau potable qu’on appelle ‘bien commun’ mais dès qu’on utilise le mot ‘bien’ c’est privatisable. L’eau est un organisme vivant qui appartient à l’humanité. Les gênes, les semences, l’essentiel de ce qui existe a été marchandisé. L’Afrique représente les derniers espaces, le continent le plus immensément riche, mais qui est enfermé dans l’ancienne division du travail.


Je suis venu vous parler de ‘panafricentrage’. Quelle est la stratégie que nous proposons et que l’UA ne veut pas ? L’UA n’a pas voulu défendre Thomas Sankara. C’est le GRILA qui l’a défendu. La plupart d’entre vous ne connaît pas le GRILA. On a 22 avocats qui depuis 14 ans s’assurent que la lutte que Thomas Sankara a menée triomphe. Pas seulement une question de justice, mais Thomas Sankara avait compris que le panafricentrage dont je vous parle est à la portée de nos peuples, permettra l’autosuffisance alimentaire, permettra de sortir du rapport néocolonial. C’est pour ça qu’il a été tué, en dépit du fait que son pays est un des plus pauvres. On l’a d’abord toléré en pensant qu’il échouerait, mais il a réussi en 4 ans. Comment pouvons-nous faire que l’Afrique apporte sa contribution à la mondialisation. Il y a 3 choses importantes :

1- revenir sur la conception que nous avons du développement, qui est un système prédateur par essence, un système qui est conçu pour générer, dans le système capitaliste, la marchandise et la production en vue de l’échange. Sa vocation est donc prédatrice, destructrice de l’environnement, elle ne peut pas le faire en dehors de la destruction des rapports sociaux et de l’environnement. Tant qu’on n’a pas compris ça, on ne comprendra pas que le développement n’est pas qqch de ‘neutre’. C’est biaisé au départ. La question : comment infléchir ce développement dans le sent de ce qui est nécessaire aux populations, car il ne peut y avoir de développement que s’il est populaire. Dans le capitalisme, le développement a signifié la croissance de capitalisme existant. 1% de l’humanité dispose de 50% des richesses, et que 50% de la population ne peut même pas disposer de 1% des richesses. Ce rapport crée des tensions entre centre et périphérie où l’Afrique est confinée dans un rôle uniquement de matières premières agricoles et de minerais. Nous y sommes restés enfermés. Pour sortir de cette condition il faut comprendre 3 choses : (10’23)

 

L’africanité, ça veut dire quoi d’être africain ? Le panafricanisme ne peut pas se comprendre dans l’anti-racisme : il n’y a pas de race. Il n’y a qu’une race (applaudissements). Il ne peut y avoir de panafricanisme si on ne comprend pas que l’Afrique est le berceau de l’humanité… la diversification qui a eu lieu ne permet aucune forme de hiérarchisation (applaudissements)… On peut poser des questions en termes de ‘classes’ en termes de ‘genre’. Nous qui avons lutté contre l’apartheid, nous savons pertinemment que les occidentaux savent qu’ils n’ont pas le monopole du savoir parce que le 2ème élément est le leg civilisationnel : où est-ce que l’occident s’est abreuvé pour être aussi puissant ? Le retour à l’africanité, les connaissances de nos situations antiques est essentielle. Il y a bien sûr un certain narcissisme dans l’Egypte pharaonique, mais ce qui me préoccupe c’est la modernité… qui n’est toujours pas atteinte, (14’) elle est devant. Liberté, égalité, fraternité n’est pas encore atteinte. Comment pouvons-nous transformer les forces productives de nos pays, lutter collectivement contre l’ordre compradore. Il nous faut nous organiser avec les forces progressistes de gauche qui sont maquillées. La valeur fondamentale des forces de gauche c’est l’internationalisme (1ère internationale) ils ont perdu lors de la guerre d’Espagne et le fascisme a gagné et il est en train de revenir. Dans sa forme néolibérale, le capitalisme secrète dansles périodes de crise, le retour au racisme, le retour aux peurs. Les africains doivent comprendre la 3ème chose : leur capacité d’organisation lorsqu’on a abattu l’apartheid. Les leçons à tirer de la chute de l’apartheid sont insuffisantes. Les sud africains ont dû accepter le …(16’) plan interne, car le néolibéralisme impose ses ajustements structurels pour intégrer les pyas dans un système basé sur le crédit. Comme les pays africains ont échoué à mettre en place un nouvel ordre économique en 1973, la seule solution c’était ‘acheter aujourd’hui, payer demain’. Et dans ‘acheter aujourd’hui’ la plupart de nos élites en ont profité. Donc nous payons aujourd’hui une dette qui est à la fois odieuse, qui freine notre développement et que nous ne devrions pas payer, comme Thomas Sankara l’avait dit. Quelle est la stratégie possible pour sortir de cette condition ? Stratégie de désengagement sélectif, une rupture sélective avec le marché mondial. Ici Même, en Allemagne, où cette idée a été lancée, les Länder se sont créé sous cette forme : il a fallu protéger l’économie locale, consolider l’agriculture avant de la connecter au marché mondial. Les américains ont fait la même chose le boycott du thé de Boston, c’est quoi ? c’est la rupture avec le capitalisme anglais et la construction de leur propre économie. Plus récemment, la Chine qui a été freinée dans son développement économique par les occidentaux a échappé à l périférisation, comment ? en comptant sur ses propres forces, en construisant une économie intérieure, basée sur l’autosuffisance alimentaire… (17’49) Lorsque de mêmes expériences ont eu lieu en Afrique, elles ont été sabordées. Dès que Sekou Touré a voulu battre sa monnaie, qu’ont fait les français ? Ils ont créé plein de faux billets guinéens et ils ont inondé le marché avec ces faux billets. (18’07)


Camarades, la solution nous la connaissons, et l’homme mondial le sait. Je déplore que dans nos discours nous utilisions des mots tels que ‘bonne gouvernance’, comme si c’était des mots neutres. Ce mot c’est la dimension politique, managériale des ajustements structurels, c’est un modèle démocratique taillé sur mesure pour que le marché et la société civile qui est déjà co-optée fasse le développement à notre place. Il faut que nous ayons l’intelligence de comprendre nos propres concepts. Il faut que nous redécouvrions dans nos propres cultures les modes de régulation qui étaient des systèmes que nos sociétés africaines avaient inventées pour empêcher les abus du prince. Il en reste des vestiges… au Burkina le ‘monogana’ tous les jours s’en va et les gens le supplient de rester. Imaginez Angela Merkel dire ‘je pars’ et le peuple la retient ! Dans d’autres contrés les peuples s’exilaient pour faire tuer le roi et le roi devait se tuer, pourquoi ? il faut comprendre notre africanité, c’est une certaine cosmogonie qui nous lie, une conception de la force vitale de l’individu, une conception de justice sociale qui remonte à l’antiquité et qui s’appelle ‘maat’, c’était la justice cosmique, l’ordre entre l’ordre divin et l’ordre terrestre. C’est pourquoi je préfère le mot ‘équilibre’ au mot ’développement’. Si nous redécouvrons ce qui faisait que nous ne pouvions pas couper un arbre impunément, qu’on ne pouvait pas gaspiller les ressources, si on pouvait comprendre que les éléments de solidarité et la lutte pour résister existent depuis très, très longtemps et ont permis une certaine stabilité, par ex. en Egypte, 3000 ans de stabilité… le monde entier allait en Egypte comme on va à New York mtnt… L’idée n’est pas de revenir en arrière, mais de dire que nous sommes capables si nous nous organisons et ça passe par plusieurs éléments : notre intelligentsia n’est pas organique, pas enracinée dans les valeurs de nos populations. Il est très tentant pour la plupart d’entre nous de reproduire le système donc de faire partie du problème. La minorité d’entre nous qui ont compris qu’ils peuvent travailler sont condamnés à travailler ensemble. La 2ème tâche est celle de l’équilibre entre la ville et la campagne, comment on améliore le revenu paysan. La plupart des intellectuels sont contre ! Pourtant nous mangeons tous les jours ! La FAO dit que nous devons augmenter la productivité du marché mondial. La planète produit pour nourrir 10 milliards de personnes, mais le système de distorsion de l’agriculture est mal fait. 40% des céréales servent à nourrir le bétail (22’) et pourrait nourrir toute la population africaine. Mais c’est fait sciemment car la division du travail… nous sommes condamnés à résoudre le problème vivrier, l’autosuffisance alimentaire, la capacité de créer un marché intérieur de biens de consommation de masse où la production agricole locale est valorisée, où vous payez un salaire décent au paysan. Cela suppose un changement de mentalité de nos élites, ça suppose un autre système de consommation, plus basé sur les complexes de consommation que Franz Fanon a bien compris. Lorsque nous avons compris ces premiers éléments, nous tournons la production vers les besoin essentiels : l’accès à de l’eau potable, l’accès à une éducation basé sur la démocratisation de l’enseignement, pas un nivellement par le bas, enseigner d’abord dans nos langues vernaculaires et au moins une langue continentale, par ex. le swahili… au lieu de pérorer dans une langue qui n’est pas la nôtre ! (applaudissements).


Camarades, je sais que vous êtes fatigués (non !!!) Mais j’aimerais approfondir… nous soutenons des partis politiques qui pensons comme nous… et nous avons aussi fait des erreurs… (24’07) malgré nos faibles moyens nous pouvons faire des choses, chaque goutte d’eau que vous représentez est importante… je vais vous réveiller en faisant un petit exercice que Thomas Sankara m’a appris. Je vais vous demander la faveur de vous lever… ‘when the people stands up, imperialism trembles’ (applaudissements). Si tous les africains se levaient, montaient sur une chaise et sautaient : la terre sortirait de son orbite ! Ce serait la fin du monde ! Ce serait peut-être le chantage qu’il faudrait faire ! Pour que l’humanité comprenne que les 5 siècles que nous avons faits sont suffisants !


Le peuple tunisien s’est levé comme vous l’avez fait, il représentait le modèle du néolibéralisme en Afrique, il appliquait avec zèle des politiques qui avaient mené à sa propre colonisation, un des rares pays africain colonisé par l’impérialisme financier, des montagnes de dettes, un chef-d’œuvre que la classe politique a créé sur le mode mafieux et ça a fonctionné ! Ils avaient du tourisme, la lutte sécuritaire, l’assurance qu’ils pourraient durer ainsi indéfiniment. On disait qu’ils étaient complètement militarisés, 3 policiers pour 1 individu, ils ne vont jamais se révolter. Le peuple tunisien a profité d’un geste spectaculaire d’un garçon diplômé qui vend à la sauvette… et le peuple s’est soulevé (27’). Bien sûr il y a eu d’autres influences, coup d’état de palais, influence de Washington, etc, mais une chose est sûre : ce peuple s’est vraiment révolté et il a chassé son dictateur. Ça ne veut rien dire, le Mali a fait la même chose, nous avons ici la preuve vivant d’une génération qui a fait la révolution et qui n’a pas su en bénéficier ! Ce n’est pas parce qu’on fait la révolution que c’est la révolution. Il y a des avancées révolutionnaires, il ne faut pas confondre : le changement des systèmes productifs est un combat inlassable basé sur la maîtrise basé sur la maîtrise de notre accumulation. Ella passe par une 2ème coïncidence dont on ne veut pas parler et qui est la maîtrise de nos ressources naturelles. Aujourd’hui il faut un programme. Les premiers congrès panafricains étaient basés sur le problème posé par Sylvester Wiliams sur l’accaparement des terres en Afrique. IL FAUT REFAIRE CE CONGRES AUJOURD’HUI (applaudissements). Non seulement parce que l’accaparement des terres est un problème très avancé, mais l’Afrique a reculé sur l’essentiel de ses ressources, tous les acquis de … Sanouki (assis ici – 28’29) les jeunes de l’indépendance, tous les éléments de souveraineté ont été dénationalisés. Il ne peut pas y avoir de développement s’il n’y a pas une souveraineté sur nos ressources, pour pouvoir les garder en réserve ou choisir avec qui on les exploite. Cette faculté, les pays africains ne l’ont plus…  Kadhafi avait avancé de son propre argent 10 milliards pour la constitution d’un fonds souverain qui permettrait à l’Afrique d’avoir une monnaie continentale. Mtnt qu’on l’a assassiné, ce projet est-il à l’ordre du jour ? à l’UA à laquelle les pays africains ne veulent même pas cotiser ? Nos peuples sons dans un processus de dépolitisation très avancé. Le néolibéralisme a effacé, provoqué un phénomène de désaffection du politique. On considère que la politique est un endroit où les gens s’enrichissent, où les gens ne défendent pas leur condition. Les jeunes ont gardé une capacité d’indignation, de réaction, mais hélas, pour la grande majorité d’entre eux qui sont conscient, c’est la capacité d’organisation qui fait défaut. L’organisation doit être politique, avec un projet de société. Quand je vous parle de l’autocentrage, ce sont les éléments fondamentaux, ça ne veut pas dire que ça va vers le socialisme ou le capitalisme. Moi j’aimerais que ça aille vers le socialisme, mais ces premières étapes de la construction sont refusées par nos élites et la plupart de nos partis politiques. Donc forcément par l’homme mondial. Pourquoi ? Ici nous sommes en Allemagne, elle pourrait facilement fonctionner avec le Deutsch Mark, mais l’Allemagne a compris que sa force et sa puissance est d’être la locomotive de l’UE. Les européens qui se sont battus pendant plus de 100 ans, 2 guerres mondiales, réussissent à s’unir alors que nous qui ne nous sommes jamais battus (applaudissements) nous n’en avons toujours pas la capacité ! On nous dit que c’est impossible, que nous avons trop de nations, mais la notion de nation en Afrique n’existe pas, la plupart des états n’arrivent pas à se cristalliser car ils ont été créés sur des bases arbitraires. Il y a peut-être 3-4 nations en Afrique. Si nous voulons accélérer le processus de confédération africaine, il faut comprendre qu’il ne peut pas y avoir de développement autocentré sans autonomie collective, qu’il faut qu’on s’entraide, qu’on comprenne les mécanismes d’un développement rural intégré. Il est possible de se développer sans un seul engrais chimique, la Chine en a fait la démonstration, avec des systèmes de rotation de cultures, avec du compostage, de la diversification et surtout avec l’énergie solaire, éolienne, (31’56)… électrifier l’Europe ? Certains pays sont prêt à le faire, comme certains pays sont prêts à accueillir l’Africom basé à Stuttgart. Keske ça fait à Stuttgart ? Une force pour l’Afrique à Stuttgart ! Poste avancé pour qu’un pays africain l’accepte. Ce pays sera la Lybie, le Libéria de Mme Johnson, l’Ouganda et le Rwanda qui ont déjà accepté le principe ! Mais c’est nous, par notre désorganisation, qui sommes responsables !

Nous, nous avons fait un choix, la lutte que je mène personnellement, je sais que je risque ma vie à la faire, mais c’est un sacrifice et un choix, je n’ai pas dit que vous devez le faire, mais moi j’aime la vie, je suis né par un accident historique. Mon père a ramené les frères de Guy, qu’il a rencontré une jeune femme interprète. Sans cet accident historique, la mort de Patrice, je ne serais même pas là devant vous. Je suis le produit de 2 océans, entre une femme arabe et un homme sahélien, je suis la preuve vivante que le panafricanisme est une réalité (applaudissements).


Les jeunes africains n’ont pas d’autre option que celle de s’exiler, les modèles de consommation qu’on leur fait miroiter ne sont pas viables. Pour la première fois dans on histoire, l’humanité ne peut plus supporter notre système de production et de consommation. L’occident lui-même est frappé par le phénomène du déclin. On peut se pâmer et dire que notre taux de croissance est supérieur, que  nous contribuons à l’économie mondiale, mais ce système est nul et non avenu s’il n’y a pas une redistribution à la tête de nos populations. Or il n’y a pas de redistribution. Ce qui risque d’arriver si la tendance se maintient, ocmme les portes de Schengen se ferment et que les jeunes se tournent vers l’Argentine (on vient d’y tuer un jeune sénégalais en toute impunité). Si les autres pays africains prospèrent comme l’Afrique du Sud, voulez vous qu’on ait les désespoirs, les immolations de Sidi Bousid ? Toujours plus de ‘débrouille’ dans l’économie informelle, de délinquance ? C’est ça que l’ordre mondial veut, il a compris peut instrumentaliser notre jeunesse dans nos conflits. Il y a eu plus d’enrichissement, de pillage de ressources dans les guerres, surtout dans la dernière guerre interafricaine du Congo (36’21). Tat qu’on n’a pas résolu le problème du Congo, il n’y aura pas de panafricanisme. Ici à Berlin on a fait la première expérience de libre-échange avec Léopold II. Les occidentaux qui s’en voulaient à mort on pu signer des traités, redessiner la carte et faire de l’Afrique leur périphérie alors qu’avant c’était l’Amérique qui était sa périphérie.

Je ne veux pas parler de panafricanisme si on ne comprend pas que la place des diasporas est en Afrique. Pour que ces diasporas reviennent en Afrique, il faut que les africains eux-mêmes redécouvrent leur africanité, que nous aillons le courage de définir des éléments d’un panafricanisme révolutionnaire et intègre. Tant qu’on l’aura pas fait nous allons nous gargariser de discours qui font partie du problème (36’36). Les partis politiques, les forces qui, comme nous proposent des alternatives à l’UA ou dans des hémicycles comme ça… nous aimerions que vous discutiez le contenu de nos plates-formes, que vous les critiquiez fondamentalement. Lorsque le NEPAD est sorti, au Canada, dans un trou perdu car le G8 ne voulait pas des manifestants… nous avons passé une semaine sur chaque point du NEPAD, mais actuellement l’Afrique n’a toujours pas de plan continental de développement, alors qu’on avait des jalons comme le plan de Lagos etc… NOUS DEVONS AVOIR UN PLAN DE DEVELOPPEMENT ! Ces congrès sont importants, mais insuffisants. Nous n’arrivons pas à cristalliser nos luttes à travers des stratégies cohérentes, concrètes, progressives pour un véritable projet de société. Quelles sont alternatives économiques pour compter sur nos propres forces ? Quelles sont les tentatives de coopération sud-sud ? Là nous avons des faiblesses ! Nous ne devons pas attendre un autre congrès, nous devons compter sur nos propres forces même si c’est petit, ne sous-estimez pas la petitesse de ces forces ! Lumumba, c’est mon père qui m’en a parlé, c’était un petit groupe de congolais, la plupart avaient à peine de l’instruction, mais ils savaient qu’ils avaient raison… un force… vous savez que c’est vrai (38’24) (applaudissements). Ces gens peuvent nous freiner, mais ce qu’ils ne pourront pas nous empêcher de faire, une fois que nous nous organisons. J’ai la preuve concrète, à partir de la lutte contre l’apartheid que j’ai vécue, lorsque les africains s’unissent avec des internationalistes, on ne peut pas les empêcher d’avancer (38’55), c’est comme retenir la mer avec ses bras (applaudissements).


Conclure : nous sommes tous africains, il n’y aurait pas de japonais sans l’Afrique, pas d’Inuit… nous sommes tous venus de ce continent, Il va nous donner une leçon dans ce 21ème s. c’est en redécouvrant les valeurs de solidarité qui existent encore dans nos sociétés, qui sont en érosion, et en redécouvrant la force vitale qui fait que nous respectons nos ancêtres, le fait que nous croyons à des valeurs animistes, que nous considérons que tout ce qui existe mérite d’exister… ne l’oubliez pas… au Mexique, à Cuba, au Venezuela (40’20)… le syncrétisme africain…


Dans l’éducation, redonner sa place à la femme africains, Thomas l’avait compris, le changement des mentalités masculines est essentiel… il ne peut pas y avoir de panafricanisme sexiste et machiste (applaudissements).

Je sais que bco d’ONG ne sont pas de ‘organisations non gouvernementales’, l’aide publique au développement : 1% pour l’aide au dev… jamais donné ! ils ont baissé à 0,7%, mais ils n’arrivent même pas à la moitié et l’essentiel revient dans les pays donateurs. Si le flux des migrants vers l’Afrique, si les ristournes et les redevances du sud vers le nord sont supérieures à ce que le nord y envoie (42’16), il est temps qu’on comprenne qu’on est capable de s’en sortir. La question de la Chine, de l’Inde, des partenariats doit être posée dans une acception sud-sud. Nous devons avoir plus que la capacité d’indignation. Si chacun de vous pouvait convaincre son frère ou sa sœur de rallier une formation politique, et de s’impliquer pour le changement, quelle que soit la couleur politique. Il ne peut pas y avoir de changement sans engagement (applaudissements).


Encore un mot sur l’affaire Sankara (42’23) sa tombe a été profanée… nous savons que Blaise Compaoré était là et qu’il a tiré… et l’implication de la France… il y a plus de Sankara…

Il faut qu’il n’y ait qu’un seul pays en Afrique…

 



[1] Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD, acronyme de New Partnership for Africa's Development), projet de développement initié par plusieurs chefs d'États africains dont le Sud-Africain Thabo Mbeki, l'Algérien Abdelaziz Bouteflika, le Sénégalais Abdoulaye Wade, le Nigérian Olusegun Obasanjo, et l’Égyptien Hosni Moubarak, fusion de deux autres plans proposés pour l'Afrique : le Plan Oméga et le Millenium African Plan ou Plan MAP   http://fr.wikipedia.org/wiki/Nouveau_partenariat_pour_le_d%C3%A9veloppement_de_l%27Afrique

Partager cette page

Repost 0
Published by